D'autres mois passèrent, jusqu'au mois de juin. Le premier, pour être précis.
Plus froide et distante que jamais, Hermione ne s'entraînait plus à l'intérieur. Elle allait dehors, dans le parc, pour profiter du soleil et du beau temps.
Ce jour-là, justement, elle n'enfila que du blanc, pour avoir moins chaud (futée notre petite Mione!) puis sortit dehors. Une fois à l'extérieur, elle se dirigea vers le saule cogneur. Près de lui, l'arbre ne fit pas un geste pour la chasser. Au contraire, il tendit vers elle une de ses branches pour qu'elle puisse grimper. Une fois au sommet du saule cogneur, sur une sorte de petit promontoire, elle s'assit et contempla le magnifique coucher de soleil pour se calmer et se ressourcer. Quelques élèves s'approchèrent, fascinés. Hermione continua à fixer l'horizon en les ignorant superbement.
Quelqu'un cria :
- Mais qu'est-ce que vous fichez à la regarder? Foutez le camp!
Une voix qu'elle aurait reconnue entre mille. Quelques minutes plus tard, quelqu'un atterrit auprès d'elle. Drago.
- Tu vas attraper une insolation en restant ainsi exposée au soleil, lui dit le blond en s'asseyant à côté de la Gryffondor.
Celle-ci haussa les épaules sans quitter du regard le coucher du soleil.
- Comment as-tu grimpé jusqu'ici? demanda-t-elle.
- Tu n'es pas la seule à avoir amadoué le saule cogneur.
Drago sourit, puis s'allongea sur le dos en fermant les yeux. Hermione le regarda en se retenant de l'embrasser. Il était craquant, comme ça. Ses cheveux en bataille retombaient sur son joli visage aux traits altiers, et son t-shirt moulait superbement ses muscles bien dessinés.
- Je ne te dérange pas, au moins? demanda-t-il d'un ton rieur.
Hermione rougit, puis retourna au coucher de soleil.
- Pas du tout, mentit-elle.
- Dans ce cas, je reste. On a une superbe vue d'ici, dit-il en ouvrant les yeux et en lui faisant un clin d'½il.
Puis il les referma pendant qu'Hermione haussait un sourcil interrogateur. Parlait-il de la vue du paysage, ou d'elle?
- Hermione! hurla la voix d'Harry.
La jeune fille regarda par-dessus le creux de l'arbre et vit son ami qui la cherchait du regard. Ne voulant pas être dérangée, elle se pencha promptement et se coucha. L'espace que faisait le creux était tellement petit qu'elle dut se coller à Drago pour être sûre que le brun ne la voie pas.
- Hé bien, ne te gêne pas, surtout, lui dit-il, amusé.
Le doigt de la jeune fille se posa sur ses lèvres, l'intimant de se taire.
- Harry me cherche, je ne veux pas lui donner la joie de me trouver, chuchota-t-elle.
- Comme tu veux, dit Drago en chuchotant à son tour. Remarque, je peux rester toute la journée ainsi, ajouta-t-il en passant un bras autour de la fine taille de la jeune fille et en la collant encore plus contre lui.
Hermione ferma les yeux, appréciant le corps de Drago collé au sien. Au bout d'un moment, elle les rouvrit et se redressa. Le parc était désert. Elle regarda sa montre.
- Génial, on va être en retard, grommela-t-elle en se levant.
Elle sauta. Drago se redressa en étouffant un cri de stupeur. Il se pencha au-dessus du bord de tronc et vit sa bien-aimée atterrir souplement en bas du saule cogneur. Il agrippa une branche et se laissa transporter jusqu'au sol.
- Pff, paresseux, déclara-t-elle en lui prenant la main et en l'entraînant vers le château en courant.
Ils coururent dans les couloirs jusqu'à leurs appartements. Une fois entrés, Drago remarqua que lui était passablement essoufflé (Ha, ben il est plus en forme que Ron. Na, minable rouquin, les blonds l'emportent toujours!) tandis qu'Hermione respirait à peine plus vite que d'habitude. Elle fila dans sa chambre pour déposer sa baguette puis ils repartirent en courant en direction de la Grande Salle.
Heureusement pour eux, leur retard passa inaperçu, puisque les portes venaient tout juste de s'ouvrir et que les élèves commençaient à peine à s'engouffrer dans la Grande Salle. Une fois tous entrés, les portes se refermèrent derrière Hermione qui s'avança sans un regard pour personne vers Rogue.
- Aujourd'hui est votre dernier cours de combat. Miss Granger et moi-même allons vous tester tour à tour pour voir à quel point vous avez progressé depuis le mois de mars, annonça le professeur de but en blanc. Faites une file, nous commençons immédiatement.
Un intense brouhaha s'éleva, puis se calma. Le premier à passer était Harry. Le Gryffondor s'avança sur le tapis de combat.
- Vous vous occuperez des garçons, Miss Granger, je m'occupe des filles. Allez-y, lui dit Rogue en la poussant doucement vers le tapis de combat.
Hermione s'avança et se mit en face de son meilleur ami.
- Tu ferais mieux de retirer tes lunettes, Harry, lui conseilla la jeune fille.
- C'est ça, pour devenir aveugle et pour que tu puisses me battre en un rien de temps? Non merci, je préfère les garder.
- Comme tu veux, répondit Hermione en haussant les épaules.
Elle jeta un regard en biais à Rogue, qui lui fit un sourire en coin avant d'hocher imperceptiblement la tête, signe que le combat commençait. Hermione sauta sur Harry, toutes griffes dehors (une expression, pas de panique, Hermione n'est pas soudainement devenue un chat!). Le brun se pencha et il sentit le corps de la jeune fille lui frôler la tête. Elle fit un roulé-boulé, puis se releva à moitié avant de lui faire un croche-jambes. Tellement rapide que le brun ne vit qu'une filée blanche avant de se retrouver face contre terre. Hermione bondit sur le dos du brun, coinçant son genou entre les omoplates, l'empêchant de faire un mouvement des bras et de se relever.
Ils restèrent un moment immobiles, puis Harry tenta de se relever, sans succès. Après quelques secondes, Hermione se leva d'un bond et commenta pendant qu'il se relevait :
- Bon instinct de te pencher, mais tu aurais dû me suivre des yeux. Tu aurais pu voir que je te faisais un croche-jambes et tu aurais réagi en conséquence.
Harry se releva en grommelant, puis alla s'asseoir sous les sifflements moqueurs des autres élèves dans les gradins qui venaient d'apparaître. Puis ce fut Ron qui s'avança.
- Hermione, tu ne me feras pas de mal, hein? Je suis ton meilleur ami, tout de même...
- Je ne peux pas prédire comment tu vas réagir, Ron. À toi de voir comment ça va tourner.
Rogue fit un nouveau signe de tête et tout se passa en un éclair. Hermione se contenta de faire une manchette rapide et efficace sur la nuque du roux qui s'écroula comme une masse.
- De maigres progrès, commenta-t-elle d'un air déçu. Il a à peine bougé.
Harry vint traîner son ami dans les gradins en regardant la jeune fille d'un air furieux. Elle n'y fit pas attention. Lorsque Parvati Patil s'avança sur le tapis, Hermione céda sa place à son professeur de Potions.
La soirée se déroula ainsi, chaque élève se faisant tester, les garçons se battant contre Hermione, les filles contre Rogue. Finalement, le dernier à passer fut Drago. Hermione s'avança et se mit face à lui. Les Serpentard l'encouragèrent :
- Vas-y, Drago!
- Fais-lui mordre la poussière!
- Montres-lui que t'es un homme!
Hermione l'examina attentivement. Enfin un combattant qui serait à la hauteur. Il s'était beaucoup amélioré depuis le premier cours, et la jeune fille sentait que ça allait être un combat explosif.
Elle tourna le regard vers Rogue et constata avec horreur qu'il avait déjà hoché la tête et que Drago s'était déjà mis en mouvement.
Se fiant à son instinct, elle se plaqua au sol. Le talon du blond lui passa au-dessus de la tête dans un sifflement. Avant que sa jambe ne retourne au sol, Hermione saisit son autre cheville et tira d'un cou sec.
Drago ne tomba pas. Déstabilisé seulement, cela permit à la Gryffondor de se relever d'une pirouette et de se mettre en position de combat.
Rogue haussa un sourcil. Hermione ne se mettait en position de combat seulement lorsqu'elle jugeait que son adversaire serait à sa hauteur.
« Intéressant » se dit-il tandis que les deux adversaires tentaient de se mettre K-O par de simples manchettes.
Hermione se lassa la première. Au lieu de faire une autre manchette, elle lança son talon droit pour atteindre Drago au torse. Seulement, mû par un réflexe, le blond se saisit du talon et tira d'un coup sec avant de le lâcher et d'attraper la cuisse de la jeune fille.
La Gryffondor se retrouva collée au torse du Serpentard, la cuisse coincée entre le bras et la hanche de Drago. Elle tenta de se dégager, sans succès. Le blond sourit.
- Coincée, hum? On s'avoue vaincue?
Hermione voulut lui jeter un regard furieux, puis elle eut une idée. Elle lui sourit puis murmura :
- Pas du tout...
Elle passa lentement son bras gauche autour du cou du Serpentard, lui provoquant des frissons. Le professeur Rogue, inquiet, se leva.
- Miss Granger...
Le reste de sa phrase mourut dans sa gorge. Ce qu'il vit le frappa de stupeur. Car tous pensaient qu'elle allait embrasser Drago, cependant elle n'en fit rien.
S'aidant de l'épaule du blond comme appui, Hermione s'éleva et donna sans retenue un coup de genou dans le ventre de Drago. Celui-ci, le souffle coupé, lâcha la cuisse d'Hermione et s'accroupit en se tenant le ventre.
La jeune fille profita de son moment d'inattention pour sauter souplement par-dessus son adversaire. Son dos maintenant offert à elle, la Gryffondor lui décocha un formidable coup de talon tout juste entre les omoplates. Drago s'écroula, inconscient.
Rogue mit un instant à retrouver ses esprits. Puis il se leva.
- Voilà ce qui conclut en beauté votre dernier cours.
Il ouvrit les portes puis les élèves, jetant un dernier regard au Serpentard gisant au sol, sortirent pour rejoindre leurs dortoirs. Rogue et Hermione s'approchèrent.
- Vous pensiez que j'allais le laisser gagner? demanda la Gryffondor.
- Oui, avoua le professeur de Potions.
- Il est important de pouvoir trouver une issue, peu importe la situation.
Rogue sourit. Il reconnaissait bien là son élève.
- Vous n'auriez pas dû le frapper aussi fort.
- Oui, je n'aurais pas dû. Mais ce qui est fait est fait. Je l'emmène à l'infirmerie.
Le Maître des Potions acquiesça puis sortit. Hermione s'agenouilla près du blond puis claqua des doigts. Un elfe de maison apparut puis s'inclina.
- Amène-nous aux appartements des préfets-en-chef, ordonna-t-elle.
L'elfe de maison hocha la tête puis prit délicatement la main de la jeune fille qui avait dans l'autre main celle du blond, puis transplana dans un Crac sonore.
Une fois l'elfe de maison parti, Hermione passa un bras autour de son cou puis déposa doucement le Serpentard sur le canapé. Retenant ses larmes, elle s'assit à côté de lui. N'y pouvant plus, elle se mit à caresser tendrement ses cheveux soyeux.
Au bout d'un moment, une main se posa sur la sienne.
- Je devrai me blesser plus souvent, alors, pour avoir autant d'attention, murmura Drago.
Hermione sourit, les yeux pleins de larmes.
- Ne dis pas de bêtises. C'est moi qui t'ai blessé...
- Parce que tu n'avais pas le choix, la coupa-t-il en embrassant la main prisonnière de la jeune fille qui frissonna.
Drago voulut se redresser, mais son dos et son ventre lui rappelèrent qu'il ne pouvait pas guérir en quelques minutes. Il se rallongea en retenant un cri de douleur.
- Je suis vraiment désolée... dit Hermione d'une voix brisée.
- Hey, murmura Drago en élevant la main au visage de la jeune fille et en lui caressant la joue, c'est pas grave.
Il frissonna.
- Tu as froid? demanda Hermione.
Le blond hocha la tête. La Gryffondor voulut se lever pour aller lui chercher une couverture, mais il la retint en emprisonnant ses mains dans les siennes.
- Pas besoin d'une couverture pour me réchauffer, dit-il avec une pointe d'amusement.
Voyant la mine interrogatrice de la jeune fille, il se redressa, puis l'embrassa doucement. Hermione, surprise, mit un instant avant de répondre fougueusement au baiser. Au bout d'un moment, à bout de souffle, ils se séparèrent.
- Mais... commença Hermione.
Drago la fit taire en posant un doigt sur ses lèvres.
« Délicieuses » pensa-t-il.
- Hermione, depuis le début de l'année, je suis amoureux fou de toi. Ces six années à te mépriser, je les regrette profondément. Mais j'ai changé. Grâce à toi, je ne veux plus devenir un Mangemort. Je suis maintenant espion au service de l'Ordre et ce, depuis l'été dernier. Toujours est-il que je ne peux plus me passer de toi. Toute l'année j'ai dû me retenir sur ordre de Dumbledore. Mais maintenant, je ne peux plus ignorer mes sentiments pour toi. Je t'aime, Hermione, plus que tout.
La jeune fille resta interdite devant tant de sincérité. C'était la plus belle déclaration d'amour qu'elle n'ait jamais entendue. Émue, les larmes aux yeux, elle embrassa fougueusement celui qui, elle le reconnaissait maintenant, avait pris possession de son c½ur.
Au moment où ils se séparaient à nouveau, des coups à la porte les firent sursauter. Hermione se leva d'un bond. Pendant que Drago se levait à son tour, la Gryffondor s'en alla ouvrir.
- Professeur Dumbledore? s'étonna-t-elle.
- Je suis désolé de venir vous importuner à cette heure tardive, Miss Granger, mais ce dont j'ai à vous parler est de la plus haute importance et ne peut pas attendre.
- Bien sûr, entrez, professeur, lui dit Hermione en l'invitant à entrer.
Une fois dans la salle commune, Drago avait disparu dans sa chambre, comprenant qu'il devait laisser le directeur et Hermione seuls. Albus Dumbledore insonorisa la pièce puis s'assit dans un des fauteuils rouges.
- Rien de ce qui doit être dit ici ne devra en sortir.
Hermione s'assit à son tour.
- Miss Granger, vous savez que dans quelques jours, Voldemort prendra l'école d'assaut.
- Oui.
- Mr Potter ne survivra pas à son affrontement.
La Gryffondor étouffa un cri de stupeur.
- Il ne survivra pas? Mais, la prophétie...
- A été changée.
- Que dit-elle?
- Je vous l'ai dit. Mr Potter ne sortira pas vivant de son combat contre Voldemort.
- Mais, qui le tuera alors?
- C'est à vous que s'incombera cette tâche, Miss Granger.
Il lui expliqua en détails ce qu'il attendait d'elle. Au bout d'une demi-heure, il sortit une sphère blanche de sa poche.
- Ceci est un portoloin, Miss Granger. Il s'activera le jour du combat final, à 8h précises.
- Une heure après l'attaque de Voldemort...
- Oui. Vous transplanerez avec Sirius, donc il serait préférable que vous l'avertissiez auparavant.
- Mais, ceux qui l'ont vu...
- Je me chargerai de l'effacer de leur mémoire.
Les épaules de Hermione s'affaissèrent. Elle n'aimait pas la tournure que prenaient les événements. Mais elle n'avait pas le choix.
- Bien, professeur.
- Grâce à vous, le monde reprendra son cours normal, Miss Granger.
Dumbledore se leva et lui donna le portoloin.
- Prenez soin de vous, et courage.
- Au revoir, professeur.
Le directeur lui fit un sourire bienveillant, puis sortit. Hermione, complètement retournée, alla dans sa chambre et ne s'endormit qu'au bout de plusieurs heures.