- Hermione, ça va? lui demanda Harry au petit-déjeuner.
Elle ferma les yeux avant de déclarer :
- Je dois aller au bal avec Malefoy.
- QUOI! s'exclama Ron. Tu rigoles?
- C'est une tradition, je n'y peux rien.
- S'il ose te faire quoi que ce soit je serai le premier à le démolir! dit Harry d'un ton furieux.
- Tu m'en garderas un bout, Harry? demanda Ron d'un ton suppliant. Je tiens à avoir ma part...
Le trio éclata de rire, puis se dirigea vers leurs double cours de DDFM en discutant de différents moyens de faire souffrir Malefoy.
Après leur double cours, ils eurent congé pour aller à Pré-au-Lard chercher leurs costumes pour le bal d'Halloween.
- Les gars, j'irai seule, je ne veux pas que vous voyez ce que je vais choisir et gâcher la surprise, déclara Hermione en chemin.
- Pas de problèmes, lui dit Harry en entraînant Ron dans une autre direction. On se revoit dans une heure aux Trois Balais!
Hermione fit de nombreuses boutiques sans trouver de costume qui lui plaise. Exaspérée, elle entra dans le dernier magasin, sûre de ne rien trouver.
Elle marcha dans toutes les allées, cherchant vainement quelque chose d'unique. Malheureuse, elle s'apprêtait à se rabattre sur un costume de Vampyr, lorsque son ½il fut attiré par le fond du magasin.
Elle s'approcha. Admira. Elle avait trouvé LE costume parfait. Hermione paya puis sortit. Elle entra aux Trois Balais d'un pas léger, heureuse d'avoir trouvé ce qu'elle cherchait. Les deux garçons l'attendaient, une bièraubeurre à la main. Ils discutèrent longuement, Harry et Ron cherchant par tous les moyens de découvrir le costume de leur amie, sans succès.
Ils finirent par rentrer au château, la nuit tombant déjà sur Pré-au-Lard.
Le soir du bal...
- Granger, tu vas finir par sortir, oui? Ça va bientôt faire trois heures que tu es là-dedans!
Aucune réponse de Hermione. Malefoy tapa du pied, impatient, puis finit par dire :
- Très bien! Je t'attends en bas, alors!
Il sortit, légèrement en colère. Cinq minutes plus tard, la porte de la salle de bains s'ouvrit avant de laisser passer la jeune fille qui sortit de la salle commune à son tour.
Lorsqu'elle arriva en haut des escaliers, elle s'aperçut que tout le monde était déjà en bas. Se maudissant intérieurement d'avoir autant traîné pour mettre son costume, elle se mit à descendre l'escalier le plus discrètement possible.
Ce fut peine perdue. Au moment où son pied se posait sur la première marche, tous les élèves se retournèrent.
Elle était éblouissante.
Déguisée en elfe de la nuit, elle portait une robe moulante en soie d'un noir profond qui s'évasait à partir des hanches et qui descendait jusqu'aux chevilles. Une délicate cape reposait sur ses épaules nues. Elle avait laissé ses cheveux pendre en boucles soyeuses dans son dos et un magnifique collier en pierres d'onyx reposait dans son cou.
Tous les garçons lui faisaient un sourire charmeur. Ils perdirent bien vite leur sourire lorsqu'ils virent qui l'accompagnait.
Déguisé en Prince des Enfers, Drago portait un complet noir, aussi profond que la robe d'Hermione, avec une cape noire aussi mais avec l'intérieur aussi rouge et éclatant que l'Enfer. Ses cheveux blonds étaient en bataille, et sa peau paraissait encore plus pâle que d'habitude, de la même couleur que celle d'Hermione.
Il lui présenta son bras, et elle le prit avec un peu de réticence. McGonagall apparut alors.
- Ah, vous voilà, vous deux. On n'attendait que vous, Miss Granger. Suivez-moi, vous allez ouvrir le bal...
- Quoi? s'exclamèrent Drago et Hermione en même temps.
- Si, vous ouvrirez le bal ensemble, il n'y rien à discuter. Et ne faites pas cette tête, vous n'en mourrez pas.
Drago ne le montrait pas, mais il était profondément heureux. Enfin, il allait pouvoir tenir dans ses bras celle qu'il aimait secrètement. Elle était sublime, ce soir, et en la voyant arriver, un peu perdue en haut de l'escalier, il s'était senti fondre.
Jamais il ne pourrait aimer une femme comme elle. Encore fallait-il qu'elle sache qu'il l'aimait. Mais pas maintenant. C'était encore trop tôt pour lui annoncer. Il jouerait encore au jeu de celui qui la détestait. Mais ça allait être diablement difficile de ne pas se jeter sur elle pendant la soirée...
McGonagall ouvrit les portes de la Grande Salle, dévoilant le travail du préfet-en-chef. Hermione en resta bouche bée.
Au milieu se trouvait une large piste de danse, balayée par de légers vents qui faisaient tourbillonner des feuilles mortes. La pleine lune se cachait derrière un nuage, dans le ciel magique, et de multiples tables pour trois ou quatre personnes étaient disposées autour de la piste de danse. On entendait au loin les hurlements des loups, et on voyait voleter de multiples chauves-souris.
Hermione s'avança, franchement impressionnée. Elle se tourna vers son cavalier.
- Tu as fait ça seul?
- Oui, dit fièrement Drago. Dépêche-toi. Plus vite on commencera cette danse, plus vite elle sera finie.
Il lui prit doucement le bras et l'entraîna au centre de la piste de danse. Il emprisonna sa main droite dans la sienne et posa sa main gauche sur la hanche de la jeune fille. Il la rapprocha de lui.
- Malefoy, on est pas obligés d'être aussi près, protesta Hermione en tentant de se dégager, sans succès.
- J'aime profiter du moment présent, lui répondit Drago en lui faisant un sourire charmeur.
Hermione s'apprêta à répondre mais une valse commença et elle dut suivre les mouvements de son cavalier.
Les élèves les regardèrent danser, fascinés. Jamais ils n'avaient vu deux personnes danser avec autant de légèreté, autant de souplesse. Leurs pas étaient harmonieux, empreints d'une douceur incroyable. Un moment, ils crurent les voir flotter tant ils semblaient légers.
Hermione, elle, se sentait bien. Son cavalier menait la danse, et elle lui faisait confiance. Il était d'une douceur extrême, il faisait bien attention à ne pas la surprendre en faisant un faux mouvement. Il la tenait bien serrée dans ses bras, et elle aimait ça.
Drago, lui, vivait un rêve éveillé. Il sentait les courbes féminines de sa partenaire contre lui et ça le faisait enrager de ne pas pouvoir la toucher plus que ça. Mais il profitait du moment présent, et respirait avec bonheur le parfum de vanille qui embaumait le corps de la jeune fille qu'il tenait fermement dans ses bras.
Yeux dans les yeux, les préfets-en-chef ne virent pas le temps filer, et finalement la danse eut une fin. Hermione se détacha doucement de Drago, à regret, sans le quitter des yeux. Le blond saisit la main de la jeune fille et y déposa un léger baiser. Puis, brisant la magie qui les entourait, il tourna les talons et s'enfonça dans la masse d'élèves.
Hermione ne bougea pas, tandis que quelques couples s'avançaient sur la piste de danse. Une nouvelle musique commença, et la lionne parut reprendre ses esprits. Elle se dirigea rapidement vers la table où étaient installés Harry, Ron et Ginny.
- Ça va, Hermione, pas trop secouée? lui demanda Harry.
- Non, tout va bien, lui répondit la Gryffondor d'une voix rêveuse.
Elle se leva.
- Je vais faire un tour dehors, histoire de prendre l'air.
Puis elle sortit de la Grande Salle.
- Sirius, appela-t-elle doucement.
Aussitôt un lion blanc de 1m de haut apparut à ses côtés. Hermione enfouit son visage dans la crinière maintenant abondante de son compagnon. Ils marchèrent côte à côte quelques instants au bord du lac.
- Tu sais, Sirius... commença-t-elle.
Sirius hocha la tête. Encouragée, elle poursuivit :
- Malefoy se comporte bizarrement depuis le début de l'année. Je ne sais pas quelle mouche l'a piquée, mais il est devenu beaucoup plus calme et silencieux. Il ne nous parle plus, à moi, Harry et Ron. Il nous évite, même. Et puis avec moi...
Elle se tut un instant. Puis elle reprit :
- J'ai l'impression qu'il me surveille. Que, où que je sois, il me voit et m'observe. Mais il est très doux, et chaque fois qu'il me parle, c'est avec respect. Il est vraiment devenu étrange...
- Que ne ferait-on pas pour quelqu'un... murmura une voix à son oreille.
Hermine se retourna en sursaut.
- Malefoy! Tu m'as fait peur!
Elle caressa la tête de Sirius qui s'était mit à grogner.
- Que veux-tu? demanda-t-elle à Malefoy.
- Te tenir compagnie. Enfin, si ma présence n'est pas dérangeante... ajouta-t-il en regardant le lion du coin de l'½il.
- Non, non, tu peux rester, de toute façon il allait partir.
Hermione enfouit à nouveau son visage dans la crinière de Sirius qui se mit à ronronner.
- Désolé, Siri, chuchota-t-elle à l'oreille du lion. On se verra demain, d'accord?
Le lion lécha la joue d'Hermione puis s'éloigna en direction de la Forêt Interdite sous l'½il attendri de la jeune fille.
- Ainsi c'est pour cela que tu étais partie dans la Forêt Interdite il y a deux mois... fit remarquer Drago.
Hermione acquiesça, puis se remit à marcher au bord du lac, Drago à ses côtés, silencieux. Au moment où la jeune fille ouvrait la bouche pour dire quelque chose, une lettre tomba dans ses mains. Intriguée, elle ouvrit le parchemin.
Miss Granger,
Je suis dans le regret de vous apprendre la mort de vos deux parents, décédés cette nuit, peu avant minuit. Surpris dans leur propre maison, ils n'ont pas eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait qu'ils étaient morts. Leur meurtrier, un Mangemort que l'on n'a pas réussi à reconnaître, n'a pas été arrêté, malheureusement. Nous faisons ce que nous pouvons pour le trouver.
Toutes mes condoléances,
Albus Dumbledore.
Hermione laissa tomber la lettre. Des larmes perlèrent, puis coulèrent sur ses joues.
- Hermione, ça va? demanda Drago, inquiet.
La jeune fille secoua la tête. Le Serpentardla prit dans ses bras, la berçant doucement.
- Mes parents, sont... Ils sont... balbutia Hermione.
Elle n'arrivait pas à le dire. Elle ne pouvait pas y croire, tout simplement.
- Chut, lui murmura Drago à l'oreille. Ne dis rien. Tout va s'arranger, tu verras.
Hermione enfouit sa tête dans le cou du blond et pleura. Tellement longtemps qu'elle finit par s'endormir dans ses bras. Drago la souleva, aussi légère qu'une plume, et la porta dans ses appartements. Il entra dans la chambre de la Gryffondor et la déposa sur son lit. Il ôta sa cape et ses souliers avant de la recouvrir de sa couverture. Au moment où il s'éloigna, Hermione le retint par le bras.
- Ne pars pas... murmura-t-elle.
Incapable de la voir ainsi, faible et tellement triste, qu'il ôta sa cape, sa chemise et ses souliers avant de se glisser aux côtés d'Hermione. Celle-ci se lova contre lui, puis s'endormit. Drago lui caressa les cheveux, appréciant sa présence, puis s'endormit à son tour.
