- Bon. Il est temps pour toi d'aller dans la Forêt Interdite.
Sirius fit une moue boudeuse.
- Ne fais pas cette tête. Tu sais très bien que je n'ai aucune envie de te voir là-dedans, à la merci de ces horribles créatures qui hantent la Forêt. Allez, viens.
Hermione sortit, le lion blanc sur les talons.
Plus ils avançaient, moins la lumière passait entre les arbres de plus en plus touffus. Bientôt, la lumière ne passa plus du tout et Hermione dut sortir sa baguette.
- Lumos!
Une lumière vive jaillit de sa baguette et éclaira à plus de cinq mètres d'elle. Un peu plus loin, Sirius essayait de tout sentir en même temps : les arbres, l'air, l'herbe...
Hermione recommença à marcher tandis que le petit lion s'éloignait de plus en plus. Quelques minutes plus tard, la jeune fille ne vit plus l'habituelle tache blanche qu'elle utilisait pour se guider.
- Sirius? dit-elle d'un ton inquiet.
Pas de réponse.
- Sirius? dit-elle, plus fort.
Toujours pas de réponse.
- Oh, c'est pas vrai...
Elle tenta de lui parler télépathiquement, même si elle ne savait pas comment. Elle ne put le joindre, puisqu'il était trop occupé à sentir tout ce qu'il trouvait.
La peur lui étreignit le ventre. Elle détestait la Forêt Interdite, et s'y retrouver toute seule ne lui disait rien qui vaille. Surtout qu'on ne savait jamais ce qu'on pouvait rencontrer...
Un craquement la fit sursauter. Elle se tourna vers la source du bruit, mais elle ne vit rien.
- Sirius?
Un autre craquement, plus proche, la fit sursauter de nouveau. Hermione se maudit intérieurement d'avoir suivi son lion.
Un bruit de buissons qu'on écarte la décida. Tant pis pour le vacarme qu'elle ferait...
- SIRIUS! cria-t-elle de toutes ses forces.
Un long silence lui répondit. Puis trois créatures apparurent dans le cercle de lumière créé par la baguette d'Hermione.
Des centaures.
- Qui es-tu, humaine? demanda d'un ton menaçant un des centaures au pelage noir.
- Calme-toi, Bane, lui intima un autre, ce n'est encore qu'un poulain.
- Plus pour longtemps, Magorian, rétorqua le dénommé Bane. Bientôt elle atteindra l'âge adulte, ça se voit facilement.
Pendant que les deux centaures se disputaient, le troisième, qui avait le pelage doré, s'approcha d'une Hermione terrifiée.
- Dis-moi ton nom, demanda-t-il doucement.
La jeune fille, répondit d'une voix hésitante :
- Hermione Granger.
- Amie du célèbre Harry Potter... commenta le centaure d'un air pensif. Hermione, tu as dit?
Elle hocha la tête.
Le centaure se tourna vers Magorian et Bane qui se disputaient toujours.
- C'est elle.
Les deux centaures se turent aussitôt.
- Tu es sûr que c'est elle? demanda Bane, suspicieux.
- Absolument.
- Dans ce cas on l'emmène, décida Magorian.
Hermione, qui n'avait rien compris de la conversation des trois centaures, comprit néanmoins la dernière phrase de Magorian et recula d'un pas.
- Bane? demanda le centaure au pelage doré.
- Non.
- Mais...
- C'est non. Ce n'est pas parce qu'elle est leur dernière représentante que je vais me changer en mulet.
- Tu devrais considérer ça comme un honneur, gronda Magorian.
- Mais elle ne sait même pas qui elle est! protesta Bane.
Les deux autres centaures se renfrognèrent. Celui au pelage doré s'avança et s'inclina devant une Hermione plus que confuse.
- Ce sera un réel honneur pour moi, Miss Hermione.
Puis, sans plus de cérémonie, il la souleva, aussi légère qu'une plume, et la mit sur son large dos de cheval.
- Accroche-toi à ma taille, ordonna-t-il d'un ton doux.
Hermione, qui ne comprenait plus rien, s'exécuta. Aussitôt elle fut emportée dans un labyrinthe d'arbres et de buissons. Les évènements se bousculant dans sa tête trop vite, la jeune fille ferma les yeux et se laissa aller sur le dos musclé du centaure.
Lorsque Hermione ouvrit les yeux, elle était étendue sur un sol de terre battue, dans une cabane en bois avec de grandes fenêtres qui laissaient entrer la clarté du soleil couchant. Elle se leva et s'approcha d'une fenêtre pour admirer un formidable coucher de soleil.
- Le coucher du soleil est aussi mon moment préféré de la journée, déclara une voix derrière elle.
La jeune se retourna et découvrit le centaure au pelage doré qui l'avait embarquée sur son dos, dans la Forêt.
- Je m'appelle Ronan, un ami de Firenze, lui dit le centaure en lui tendant la main.
Hermione recula d'un pas.
- Que s'est-il passé?
- Tu t'es endormie pendant que je t'emmenais à notre campement, expliqua le centaure en baissant sa main.
- Je ne comprends plus rien, dit Hermione en prenant sa tête entre ses mains et en glissant le long du mur pour finir assise par terre.
Le centaure vint s'asseoir à côté d'elle.
- Pose tes questions, je verrai si je peux y répondre.
Hermione prit une grande inspiration.
- Je ne comprends pas de quoi vous parliez tout à l'heure. Comment se fait-il que vous me connaissiez? Pourquoi m'amenez-vous à votre campement alors qu'aucun humain ne peut y aller? Et de quoi suis-je la dernière représentante?
Le centaure se gratta la tête.
- Ça fait beaucoup de questions, déclara-t-il.
Il se leva.
- Malheureusement, je ne peux en répondre à aucune.
Il recula jusqu'à la porte.
- Tu dormiras ici.
- Attendez! s'exclama Hermione avant qu'il ne sorte. Pourquoi ne voulez-vous pas me ramener à Poudlard?
- Je ne peux pas, dit Ronan en détournant le regard.
- Pourquoi?
- Les autres centaures veulent te garder ici.
Sans laisser le temps à Hermione de répliquer, il sortit et referma la porte. Elle entendit le verrou faire un déclic.
Elle était enfermée.
« Bon, il faut que je sorte d'ici et que je trouve un moyen de regagner l'école sans que cette bande de fous mystérieux ne remarquent ma fuite. Personne ne sait que je suis présentement au beau milieu de la Forêt Interdite, dans un campement de centaures dont je ne sais même pas ce qu'ils me veulent. »
Elle se leva et sortit sa baguette de sa manche. Elle la pointa sur la porte et murmura un « Alohomora ».
Aussitôt la porte s'ouvrit en silence, sans un grincement. Hermione se glissa furtivement hors de la cabane après avoir rangé sa baguette dans sa manche, pour ne pas que les centaures la lui enlèvent s'ils la rattrapaient.
Elle fut époustouflée par la beauté du « campement » des centaures : une immense clairière où une centaine de tentes de toutes les couleurs étaient dressées. Entre les tentes circulaient un nombre incroyable de centaures au pelage d'une diversité stupéfiante : noir, auburn, roux, noisette, marron, blanc, blond, palomino et j'en passe.
Mais elle ne put s'attarder sur la vue magnifique des centaures (ce sont tous des hommes, soit-dit en passant), car elle risquait de se faire découvrir à tout moment. Elle avisa la lisière de la clairière et s'y rendit rapidement en longeant les murs de la cabane.
De nouveau dans la forêt, elle se mit à courir de toutes ses forces dans la faible lumière, malgré le fait qu'elle ne savait absolument pas si elle allait dans la bonne direction.
Après dix minutes de course effrénée, Hermione s'arrêta, à bout de souffle. Sa joie de s'être échappée s'évanouit bien vite lorsqu'elle entendit des cris de frustrations et des bruits de sabots qui heurtaient durement le sol à quelques kilomètres de là.
La jeune fille se remit à courir. Malgré cela, elle les sentait s'approcher rapidement.
« Dans trente secondes, si je n'ai pas de cachette, je suis foutue », pensa-t-elle en accélérant l'allure.
Les centaures se rapprochaient toujours, et Hermione désespérait de ne pas trouver de cachette. Les arbres défilaient à côté d'elle sans qu'elle n'y prête attention. C'est pourquoi elle ne vit pas un bras se tendre vers elle. Le bras l'agrippa par le col de sa cape et l'attira dans le creux d'un arbre. La jeune fille se retrouva collée à un corps chaud, musclé et puissant.
- Alors, Granger, amusant de se faire poursuivre par des centaures?
- Malefoy?
- Qui veux-tu que ce soit? dit-il en ôtant son capuchon, dévoilant une chevelure blonde.
- J'aurais préféré quelqu'un d'autre que toi, ronchonna la jeune fille.
Drago lui prit le menton et l'obligea à le regarder dans les yeux.
- Ne me parles pas comme ça, Granger. Je t'ai sauvé la vie, tu as une dette envers moi, ne l'oublie surtout pas.
Hermione dégagea brusquement son menton de la prise de Drago. Cependant, elle était coincée entre lui et l'arbre. Pas moyen de s'enfuir en courant pour échapper à ce regard gris acier qui la transperçait de part en part.
- Malefoy, ça te dirait de dégager, qu'on puisse s'en aller avant qu'ils ne reviennent?
Au contraire, Drago se rapprocha de la jeune fille, collant son corps au sien. Elle pouvait sentir son souffle dans son cou.
- Malefoy...
Drago lui mit un doigt sur les lèvres d'Hermione, la faisant taire du même coup.
- Ils s'en viennent, murmura-t-il.
Il ôta son doigt, et Hermione resta silencieuse. Ils entendirent des cris au loin :
- Tu es sûr de ne pas l'avoir vue partir, Ronan?
- Absolument certain, Bane. Ça fait dix fois que tu me le demandes.
- On n'est jamais sûr, Ronan, tu devrais le savoir, avec Firenze...
- Oh, ça va, pas besoin de ramener ça...
- On ne la retrouvera jamais, protesta la voix de Magorian.
- Tu as raison, approuva la voix de Bane. Retournons au campement.
- Mais qu'est-ce qu'on va faire d'elle? On ne peut la laisser retourner parmi les siens...
- Parmi les humains, corrigea la voix de Magorian, tu sais très bien qu'elle n'en est pas une...
Le c½ur d'Hermione manqua un battement. Si elle n'était pas humaine, qu'était-elle alors?
- On pourrait essayer de retrouver son compagnon, proposa la voix de Ronan. Si jamais on le retrouve, à coup sûr elle revient le chercher.
- Bonne idée, approuva la voix de Magorian. On s'y mettra dès demain.
Les deux jeunes sorciers entendirent les trois centaures s'éloigner. Lorsqu'il fut certain qu'ils étaient partis, et loin, Drago recula lentement, et sortit du creux de l'arbre, suivi quelques secondes plus tard d'Hermione.
- C'est par où Poudlard? demanda-t-elle.
- Par là, dit-il en pointant une direction.
Hermione s'y dirigea d'un pas rapide sans un regard pour le blond qui la regarda un instant avant de courir pour arriver à sa hauteur.
- Mais qu'est-ce que tu fais, Granger?
- Je retourne à Poudlard, tiens! répondit-elle, irritée.
Il l'attrapa par les épaules et l'immobilisa, l'obligeant à le regarder dans les yeux encore une fois.
- Pourquoi es-tu si pressée?
- Parce que je dois m'avancer dans mes devoirs! inventa-t-elle rapidement.
En fait, elle voulait simplement qu'on lui fiche la paix pour pouvoir réfléchir à ce que les trois centaures avaient dit.
Elle se dégagea brusquement et continua à marcher d'un pas rapide. Drago courut à nouveau pour arriver à sa hauteur.
- Il y a un truc que je n'ai pas compris.
- Dis toujours.
- Que voulaient-ils dirent par « tu sais très bien qu'elle n'en est pas une » ?
- Aucune idée, rétorqua-t-elle sèchement.
Drago n'insista pas, ce qui la surprit.
- Comment savais-tu que j'étais dans la Forêt Interdite? demanda-t-elle d'un ton radouci après quelques minutes de silence.
- Je t'ai suivi, répondit le blond d'un ton aussi calme.
Elle resta songeuse.
- Pourquoi?
- Ce n'est pas tous les jours que l'on voit Hermione Granger aller se promener dans la Forêt Interdite!
Aucune méchanceté dans sa voix, aucun sarcasme, de la simple taquinerie.
« C'est fou ce qu'il peut être gentil quand il le veut » pensa-t-elle.
Ils restèrent en silence jusqu'à ce qu'ils sortent de la Forêt Interdite. Hermione respira un bon coup.
- Je dois y aller. Et surtout pas un mot à personne de ce qui vient de se passer, dit-elle à Drago avant de partir en courant à l'intérieur du château.
Elle se précipita dans ses appartements, puis après s'être changée, s'écroula dans son lit, de multiples questions envahissant son esprit.