Aussitôt arrivée, Lupin lui avait expliqué très rapidement les règles du duel avant de lui apprendre quelques sorts utiles.
La , qui assimilait vite, acquis rapidement le tour et put faire un « vrai » combat avec son professeur.
Depuis presque une heure qu'ils combattaient inlassablement, Lupin faisant toujours les mêmes attaques, corrigeant par-ci par-là les erreurs de la jeune fille.
- On va arrêter là pour aujourd'hui, Hermione, déclara Lupin en baissant sa baguette. Bravo, je suis vraiment impressionné. Je ne savais pas que tu avais ça dans le sang. On se revoit la semaine prochaine.
- Bien, professeur, dit Hermione avant de sortir du bureau.
Elle courut presque jusqu'à son appartement pour se dépêcher de prendre une douche, car elle était couverte de sueur. Rendue dans sa salle commune, elle fonça à toute vitesse dans la salle de bain et laissa longtemps couler l'eau chaude sur son corps. Une fois propre, elle enfila sa nuisette en satin noir et se glissa entre ses draps délicieusement chauds avant de s'endormir d'un sommeil profond.
Le lendemain matin, Hermione se rendit à la Grande Salle après avoir pris une douche rapide.
- Salut les gars, dit-elle en s'asseyant entre Harry et Ron.
- Mini test de mémoire, dit le roux. Dis-moi les quatre cours d'aujourd'hui.
- Double cours de sortilèges, potions et DCFM, récita Hermione.
- Mais comment elle fait pour tout savoir, cette fille? demanda Ron à Harry.
- Aucune idée, lui répondit le brun.
Ils déjeunèrent en silence et filèrent en cours de Sortilèges.
- J'ai adoré ce cours, déclara Ron en sortant du double cours de Sortilèges.
- Mais, Ron, dit Hermione, tu as tout raté...
- Et alors? dit-il brusquement. Ça n'empêche pas les gens de s'amuser!
- Oh, ça va, vous deux, les interrompit Harry d'un ton exaspéré.
Ils se dirigèrent en silence vers la Grande Salle. Lorsqu'ils s'assirent, ils recommencèrent à parler de tout et de rien jusqu'au moment où ils durent se rendre au cours de Potions. En chemin, Ron ramena sur le tapis l'attitude étrange de Rogue la journée d'avant :
- Hé, dis-moi Hermione, tu sais pourquoi Rogue t'a laissé entrer sans dire un mot lorsque tu es arrivée en retard, hier?
- Non, je n'en ai absolument aucune idée, répondit la jeune fille.
- Tu n'as absolument rien fait de louche avec lui? insista Harry.
- Que... QUOI? s'indigna Hermione. COMMENT OSES-TU PENSER UNE CHOSE PAREILLE?
- Mais... tenta-t-il.
- HARRY POTTER, TU N'ES QU'UN PAUVRE MINABLE QUI A DES IDÉES ABSOLUMENT ODIEUSES!!! cria Hermione avant de s'engouffrer dans le cachot de Potions.
- Harry, je crois que tu n'aurais pas dû lui dire ça... lui dit Ron pendant qu'ils entraient à leur tour.
- J'avais remarqué figure-toi, rétorqua Harry en s'asseyant.
- Taisez-vous, dit Rogue en entrant dans le cachot. Aujourd'hui, vous allez faire un Philtre d'Embrouille. Vous savez ce que vous avez à faire, termina-t-il en tapotant le tableau de sa baguette qui se nota de plusieurs étapes.
Pendant qu'ils faisaient la potion dans un silence plus que complet, Hermione, toujours aussi furieuse, allait mettre la livèche avant l'achillée sternutatoire lorsque sa main fut retenue par celle de son binôme. Elle se rendit compte de son erreur et retira prestement sa main en remerciant du regard le beau blond à côté d'elle. Celui-ci sourit, puis, sentant encore la colère de la jeune fille, il posa sa main sur la cuisse de la lionne et la pressa doucement.
Toute la colère d'Hermione s'évanouit aussitôt, et Drago retira sa main. Elle jeta un regard noir au Serpentard, à défaut de lui hurler dessus, ce qui attirerait immanquablement l'attention de Rogue. Le blond lui offrit un sourire charmeur. Néanmoins calmée, la jeune fille continua la potion.
Le reste du cours passa dans un silence complet. Finalement la cloche sonna. Hermione ramassa ses affaires en vitesse et sortit sans un regard pour Harry et Ron qui la regardaient d'un air désolé.
- Bonjour tout le monde, déclara Lupin lorsque tous les élèves furent assis. Alors, comme nous avons laissé en plan notre discussion sur les elfes au dernier cours, nous le reprendrons aujourd'hui, mais pas directement sur les elfes.
Des murmures interrogateurs s'élevèrent. D'un geste de la main, le professeur les fit taire.
- Nous parlerons aujourd'hui des compagnons des elfes.
Seule Hermione sourit tandis que les élèves se regardaient d'un air interrogateur.
- Je crois que Miss Granger en connaît un rayon sur le sujet, je me trompe? demanda Lupin d'un ton amusé, ayant remarqué le sourire de la jeune fille.
- Pas du tout, professeur, répondit Hermione.
- Très bien, alors je ne vois pas de problème à ce que vous partagiez votre immense savoir avec nous, lui dit Lupin avant de s'asseoir derrière son bureau.
- Merci, professeur. Alors, pour commencer, n'importe quel animal possédant de pouvoirs magiques peut être le compagnon d'un elfe...
Elle parla sans interruption pendant une bonne demi-heure, toute l'attention des élèves fixée sur elle.
- Et, finalement, conclut la jeune fille, lorsqu'un elfe mourrait, son compagnon mourrait aussi, car le lien qui les réunissait alors a été brisé : sans ce lien, aucun des deux ne peut vivre.
- Merci, Hermione, la remercia Lupin en souriant.
La cloche sonna.
- Très bien, vous me donnerez un parchemin complet sur le comportement d'un elfe à l'adolescence et sur son compagnon pour lundi prochain. À vendredi, leur dit Lupin.
Pendant que les élèves sortaient, Hermione s'approcha du professeur qui ramassait ses feuilles.
- Professeur?
- Oui, Hermione?
- Je me demandais si vous pouviez me dire ce que vous savez sur l'ancien langage?
Lupin leva les yeux vers la lionne d'un air triste.
- Ah, ma chère Hermione, je ne puis malheureusement rien vous dire sur ce sujet. J'ai eu beau fouiller partout, je n'ai rien trouvé nulle part. À croire que ce langage n'existe pas, ou a été tout simplement oublié....
- Ah. Merci quand même, professeur.
Hermione sortit, déçue.
- Hermione!
Lorsque la jeune fille se retourna, Harry arrivait à sa hauteur.
- Écoute, je suis vraiment désolé pour tout à l'heure, souffla-t-il. Ce n'est pas ce que je voulais dire...
- Alors que voulais-tu dire? dit-elle froidement.
- Je demandais simplement si tu n'avais pas fait quelque chose qui l'aurait rendu, disons, content, et que c'étais pour cette raison qu'il t'avait laissé entrer sans dire un mot.
Hermione se mordit la lèvre. C'est exactement ce qu'elle redoutait comme question. Tant pis, elle allait devoir mentir à son frère de c½ur...
- Non, je n'ai absolument rien fait d'anormal, Harry, mentit-elle. Et si jamais il a été content de moi pour une quelconque raison, alors il ne me l'a jamais laissé savoir, conclut-elle, en disant cette fois la vérité.
- Ah, si tu le dis...
Ron les rejoignit alors qu'ils entraient dans la Grande Salle pour le dîner (le souper pour nous. Ils sont en Angleterre, que diable!).
- Alors, tout va pour le mieux? se risqua le roux, la tête rentrée dans les épaules.
- Tout va très bien, Ron, lui répondit la jeune fille d'un ton chaleureux.
Aussitôt le roux se détendit. Ils s'assirent et mangèrent d'un bon appétit. À la fin du repas, Hermione partit vers ses appartements en prétextant aller faire ses devoirs. Les deux garçons lui souhaitèrent bonne nuit, puis rentrèrent au dortoir des Gryffondor.
Hermione, aussitôt tourné le coin du couloir, vérifia qu'il n'y avait personne, puis se dirigea vers le bureau du professeur McGonagall, qui l'attendait pour son cours de Maîtrise de Soi.
Arrivée devant la porte du bureau, elle regarda sa montre.
6h59.
Elle frappa. La porte s'ouvrit. Hermione entra.
- Je suis ravie de voir que vous êtes très ponctuelle, Miss Granger, commenta le professeur McGonagall, assise derrière son bureau. Asseyez-vous, dit-elle en désignant une chaise.
La jeune fille s'assit.
- Bien. Alors commençons. Obtenir la parfaite maîtrise de soi n'est pas à la portée de n'importe quel sorcier. C'est un niveau de très haute magie qui nécessite beaucoup de puissance, de patience et de volonté...
Elle continua à parler pendant toute l'heure qui suivit, résumant un peu le chemin qu'Hermione aurait à parcourir afin d'acquérir la plus parfaite Maîtrise de Soi.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
- Ah, déjà huit heures. Vous feriez bien de rentrer, Miss Granger.
La jeune fille se leva, souhaita bonne nuit à son professeur et rentra dans ses appartements. Elle se dirigea vers sa chambre, mais fut stoppée à quelques mètres de la porte par des bras musclés qui lui enserrèrent la taille.
- Où étais-tu? murmura Drago à son oreille.
Hermione voulut se débattre et lui hurler de la lâcher, mais elle ne savait pourquoi, quelque chose l'en empêchait. Pourtant, quand il ne la touchait pas, elle pouvait lui crier dessus à loisir. Mais dès que sa peau entrait en contact avec la sienne, toute colère semblait la fuir.
- Malefoy, lâche-moi, dit-elle faiblement.
- Réponds d'abord à ma question, on verra ensuite, dit le blond d'un ton malicieux en raffermissant sa prise sur la taille fine d'Hermione.
Elle se sentait trop fatiguée pour lui mentir, mais elle ne pouvait quand même pas lui dire la vérité. Elle opta pour un mensonge par omission :
- J'étais avec McGonagall. Lâche-moi, maintenant, murmura-t-elle.
- Que faisais-tu avec elle?
- J'ai répondu à ta question, lâche-moi, dit la jeune fille qui, dans un véritable effort de volonté, tenta de se dégager.
Drago la regarda longuement, puis la relâcha à contrec½ur. Hermione, rassérénée, bondit dans sa chambre et claqua la porte. Elle s'effondra dans son lit après s'être changée, puis s'endormit.
Le lendemain matin, Hermione se leva tard, ayant tout oublié de son altercation avec Drago la veille.
« Mais pourquoi me suis-je réveillée si tard ce matin? » se demanda-t-elle pendant qu'elle prenait sa douche.
Elle ne trouva aucune réponse à ce mystère lorsqu'elle descendit prendre son petit-déjeuner. Elle adressa un bref bonjour à Harry et Ron puis s'assit, pensive. Les deux garçons n'osèrent pas la déranger et mangèrent en silence.
Au bout d'un moment, n'y tenant plus, Ron demanda :
- Hermione, ça va?
Harry regarda Hermione qui ne réagissait pas. Il lui passa la main devant les yeux, mais elle ne remua pas un cil. Perdant patience, Ron s'exclama :
- HERMIONE!
La jeune fille sursauta.
- Quoi, que disais-tu, Ron?
- Que s'est-il passé?
- Hein? Mais de quoi tu parles?
- Que s'est-il passé avec Malefoy? Il t'a fait un sale coup, encore? Attends qu'on aille lui démolir son joli petit nez... dit Ron en se levant.
- Non! s'écria Hermione en le retenant par le bras. Il ne s'est rien passé, je te jure! Je ne faisais que réfléchir!
Ron regarda longuement son amie, puis, convaincu, se rassit. Hermione poussa un infime soupir de soulagement.
« Mais qu'est-ce qui me prend tout à coup? » se dit-elle. « Me voilà en train de défendre cet imbécile de Malefoy! »
Elle secoua la tête, puis le trio se dirigea vers leurs double cours de Métamorphose.